• FADO : Chant traditionnel chargé d’histoire inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité

    Posted on février 26, 2016 by in Cultures, Les traditions

    Fado, entre douleur et espoir

    Le fado est né de l’appel du large des marins portugais et de la douleur d’un exil souvent forcé. Un chant mélancolique d’un chanteur de fado ou fadiste (fadista) généralement accompagné d’instruments à cordes pincées, avec pour thèmes récurrents : la nostalgie et regret « saudade » des morts et du passé, l’amour inaccompli, la jalousie, la difficulté à vivre, le chagrin, l’exil… Un chant national au Portugal, notamment à l’époque de la dictature, sous le gouvernent de Salazar.

    Loin d’utiliser les mêmes formules, le fado a su se renouveler. Il est une musique vivante qui sait aussi parler de bonheur. Le fado est l’un des trois F, un opium du peuple, au même titre que le Football et les apparitions de la Fátima…

    Saudade

    Fado portugais

    Fado portugais

    Le fado, dont le nom signifie littéralement « destin », peut être considéré comme l’expression chantée de la saudade. Ce mot, dérivé du latin solitudo (solitude) désigne un sentiment proche du spleen ou blues, à la fois agréable et douloureux. C’est la nostalgie du passé, la conscience déchirante du temps qui passe, le regret de ceux que l’on a quittés, d’un bonheur perdu ou inaccessible.

    La saudade imprègne la littérature et la musique depuis le moyen âge. Elle accompagne les navigateurs aux temps des découvertes, puis les colons installés au Brésil ou sur les rives de l’océan Indien.

    Sous la domination espagnole, elle est un élément Clé du sébastianisme, ce mélange de nostalgie de l’indépendance et d’espoir dans le retour du jeune monarque Sebastião 1er.

    Plus près de nous, les expatriés perpétuent cette constante de l’âme portugaise. On la retrouve aussi dans l’attitude retenue qui distingue les Portugais de leurs voisins espagnols, ainsi que dans certaines formules fatalistes émaillant les conversations comme É a vida (« c’est la vie »).

    Les sources du fado

    Amalia Rodrigues - Chanteuse international de Fado - (1920-1999)

    Amalia Rodrigues – Chanteuse international de Fado – (1920-1999)

    Amália Rodrigues a fait connaître le fado au monde entier. Apparu au court du XIXes., le fado s’enracine dans les mélodies des troubadours (cantigas) et les complaintes des marins au temps des Grandes Découvertes. Sa plainte est patiente et presque stoïque, quand le flamenco d’Andalousie est un cri de désespoir.

    Le genre connaît son heure de gloire au XIXes. à Lisbonne, où il prend des formes tantôt aristocratiques et littéraires, tantôt populaires. Au début du XXes., il s’étend à Coimbra, où les étudiants de l’université inventent un fado original, gai et rythmé. Après 1974, on lui reproche de véhiculer l’image d’un pays fermé sur lui-même, et, à tort, d’avoir été la musique de la dictature Salazariste.

    Une renaissance

    Le fado est redevenu aujourd’hui un chant populaire faisant partie intégrante de la culture lusitanienne. Lors des concerts, le minimalisme est de règle : un faisceau de projecteur éclaire la scène où se tient la chanteuse ou le chanteur, habillé de noir, que le public écoute dans un silence quasi religieux. Le chant est accompagné d’une guitarra à 6 cordes, dont le jeu cristallin et très orné s’entremêle à la ligne mélodique, et de la viola assurant la basse rythmique.

    Depuis Amália Rodrigues, les artistes adaptent des poètes contemporains ou les textes des plus grands auteurs portugais. L’instrumentation s’est élargie, en particulier avec l’utilisation fréquente du piano ou de la contrebasse.

    Les mélodies empruntent à la musique brésilienne ou à d’autres influences. Plusieurs chanteuses sont devenues des stars internationales: elles se nomment Mísa, Cristina Branco, Mariza, Katai Guerreiro ou Carla Pirès. Les fadistas masculins ne manquent pas, à l’image de Camané, de Pedro Moutinho ou du vétéran Carlos de Carmo, mais ils sont moins connus hors frontières portugaises.

    Où entendre du fado en Algarve ?

    Dans le respect et l’intimité, pour entendre du fado, il faut aller dans les clubs de Lisbonne, où se succèdent plusieurs chanteurs par soirée. De plus en plus, les meilleurs artistes désertent les maisons de fado dès qu’ils accèdent à une certaine notoriété. Ils préfèrent donner des récitales dans des salles de concerts plus classiques. Là, loin des bruits de fourchettes, leur chant mélancolique retrouve l’indispensable intimité (voire empathie) avec le public plus attentif.

    Notre sélection en Algarve de restaurants :

    • São Gonçalo, à Lagos (Rua 25 de Abril, 79), le vendredi soir sans coût supplémentaire,
    • Bacalhoada, à Portimão (Rua Vasco Pires, 1),
    • Casa Grande, à Ferragudo (Rua Vasco DA Gama, 18),
    • A Paleta, à Lagoa (Traversa Viscente de Lagoa),
    • Real Picadeiro, à Pêra,
    • Franguinho de Albufeira,
    • Dallas, à Quarteira,
    • O Centenário, à Faro,
    • Casa do Polvo, à Santa Luzia

    Petite sélection en vidéo …