• PORTUGAL : Impact du BREXIT sur l’Algarve

    Posted on juillet 28, 2016 by in Actualités

     

    Le 23 juin dernier, les Britanniques votaient la sortie du pays de l’Union Européenne. Beaucoup s’interroge aujourd’hui sur les conséquences de cette mesure.

    La presse internationale et portugaise a largement couvert le référendum et commenté les résultats de ce vote en majorité défavorable au maintient du Royaume-Uni dans la zone Euro.

    Au lendemain des résultats, le journal Publico titrait à la une « La défaite ». « Combien pourrait coûter le Brexit au Portugal ? » s’interrogeait le journal Observador. « L’Europe veut un divorce rapide pour éviter l’effet domino » affichait le quotidien Diàrio de Noticias. Le Diario Economico commençait déjà à mesurer les conséquences financières du départ du Royaume-Uni.

    Les chaînes télévisées publiques RTP1 et RTP2, comme les chaînes privées SIC et TVI s’interrogent : « Le Brexit, et maintenant ? Les conséquences de la sortie des Britanniques ». Des reportages se sont multipliés sur toutes les chaînes avec des correspondants et des envoyés spéciaux qui s’acharnent à interroger les invités pour mieux comprendre les conséquences de cette sortie. On compte environ 40.000 Britanniques résident au Portugal, qui sont eux aussi largement interrogés afin de recueillir leur avis sur le sujet.

    Les radios ne cessent elles aussi d’inviter lors des flashs-infos des spécialistes des questions européennes pour débattre sur la suite éventuelle des événements.

    To Leave or not to leave… Ainsi, après 43 ans d’appartenance à l’Union européenne, le Royaume-Uni redevient une île à part entière. Un divorce entre le continent et l’île est consommé.

    Algarve : Attirer plus de visiteurs étrangers pour compenser l’impact du Brexit

    Les hôtels du sud du Portugal ont exprimé leur vive inquiétude sur le sujet, redoutant un impact « négatif et profond » sur les résultats touristiques de la région et de l’ensemble du pays.

    « Nous sommes très préoccupés par la sortie du Royaume-Uni de l’Europe, car la chute de la livre sterling diminue le pouvoir d’achat des Britanniques, qui constituent notre principale économie » déclare Elderico Viegas, Président des Hôtels de l’Algarve.

    Plus 1,8 million de touristes britanniques atterrissent chaque année à l’aéroport de Faro, dont 700.000 pour y séjourner dans leur résidence secondaire.

    Les Britanniques constituent près de 40% de la clientèle étrangère des hôtels de l’Algarve, destination très prisée pour ses prestigieux parcours de Golf et ses belles plages de sable fin.

    Le Président de l’organisme chargé de la promotion touristique de la région l’Algarve cherche déjà un remède pour compenser un éventuel recul du nombre de touristes, en voulant attirer davantage de visiteurs Allemands, Français et Belges.

    BREXIT : Impact sur les prix de l’immobilier

    Les investisseurs anglais et étrangers n’avaient jamais imaginé un tel scénario. La devise Britannique a perdu 11% de sa valeur par rapport à la devise européenne. Une dépréciation jamais connue en 30 ans. 11% en moins sur le pouvoir d’achat des Britanniques et par voie de conséquence, l’immobilier de l’hexagone coûte 11% plus cher pour un anglais.

    Les monnaies fortes ont toujours stimulé l’investissement immobilier dans les pays où les devises étaient plus faibles. Dans le cadre d’une dépréciation de monnaie, on se retrouvent dans un marché de vendeur.

    Cette dépréciation va-t-elle s’installer dans la durée ? Sera-t-elle stable ou volatile ? Comment les acheteurs et les vendeurs du marché immobilier français, anglais et européen réagiront-ils  sur le court ou le moyen terme ? Les taux d’intérêts relativement bas appliqués dans la zone Euro et en Angleterre vont-ils remontés ?

    Cette nouvelle configuration préfigure des arbitrages économiques et immobiliers nouveaux qui impacteront au final, un marché immobilier en haussier, stable ou en baissier.

    BREXIT : Impact sur l’immobilier portugais

    Luis Lima- APEMIP

    Luis Lima – Président de l’ APEMIP

    Selon Luis Lima, président de l’association de l’immobilier portugais (APEMIP) : «ceux qui veulent et peuvent investir en dehors de la Grande-Bretagne continueront de le faire, notamment par le biais du Golden Visa« .

    La dévalorisation de la livre sterling ne sera pas tant significative sur le pouvoir d’achat des anglais au Portugal. Sachant notamment, que le Portugal est un des pays européen qui affiche le prix m2 le moins cher.

     « La volonté d’investir restera », notamment dans la perspective du secteur de l’immobilier portugais, qui réunit selon lui des conditions uniques pour les investisseurs étrangers.

    L’inconvénient majeur pourrait être plutôt « l’empêchement de libre circulation dans la zone euro » qui impliquerait de nouvelles mesures et de nouvelles règles pour le citoyen Britannique qui cherche à acheter une maison au Portugal.

    Mais là aussi, le programme « Autorisation de Résidence pour Activité d’Investissement », que prévoit le Golden Visa pourrait être une solution alternative.

    BREXIT : L’impact sur la France aura des répercussions sur le Portugal

    En 2015, les Britanniques ont été les premiers acheteurs étrangers de biens immobiliers en France devant les Belges, les Suisses et les Italiens. Le nombre d’acquisitions immobilières par les Anglais, en France, a augmenté de 44 % en 2015. Les acquisitions des Britanniques ont représenté 34 % des transactions des acheteurs étrangers en 2015, contre 24 % en 2013. Avec le Brexit, l’évolution de ce pourcentage sera à surveiller cette année.

    Sur le territoire national français, les localisations immobilières les plus attractives ont été les régions Provence-Alpes Côtes d’Azur, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon et l’Ile-de-France en 2015. Le montant moyen d’achats d’appartements ou de maisons a avoisiné les 310 000 euros. 500 000 sujets de Sa Majesté possèdent aujourd’hui un bien immobilier en France.

    Avec la dépréciation de la livre sterling, ces ménages vont débourser davantage d’argent qu’auparavant pour aller passer les vacances dans leur résidence secondaire. En effet, des dépenses plus importantes risquent de déséquilibrer leur budget. Nous estimons le coût annuel immobilier (taxe d’habitation, taxe foncière, fiscalité immobilière, frais d’entretien…) d’une résidence secondaire en France à 3% du montant du prix d’achat. Une maison achetée à 300.000 euros aura un coût annuel immobilier aux environs de 9.000 euros. Ce pourcentage peut être revu à la hausse pour les biens de standing situés dans le sud-est où la fiscalité immobilière locale est relativement élevée.

    Sur les 200 000 Britanniques vivant en France, 70 000 sont des retraités particulièrement inquiets depuis le vote du Brexit. Les retraités anglais vivant dans les régions françaises vont donc subir une baisse des revenus de leurs pensions en raison de la forte dépréciation de leur devise.

    Si la dévaluation s’installait dans la durée, comment leur pouvoir d’achat se maintiendrait-il ? Les moins aisés pourraient revendre leurs biens immobiliers en France et s’installer en Espagne ou au Portugal. Car en effet, le coût de la vie dans ces deux pays est actuellement beaucoup moins élevé qu’en France.

    En fonction de l’évolution du cours de la livre sterling, les futurs retraités Britanniques auront deux options : rester en Angleterre en reportant leurs projets immobiliers ou choisir une destination ensoleillée offrant de nombreux avantages tels que le coût et la qualité de vie. Des conditions nécessaires pour vivre des « vacances en or » ou une « retraite dorée ».